Premier bakchich de notre tour du monde des écoles

Quitter le Sénégal a été très compliqué. Nous avons loupé notre avion pour le Bénin à un quart d'heure prêt parce que nous avons mis plus de deux heures pour faire un trajet de 40 km dont la moitié sur autoroute. En plus, nous nous étions levé très tôt, à 5h, pour un avion prévu à 8h30.

Qu'a cela ne tienne, nous négocions avec le chef d'escale pour être en liste d'attente sur le prochain vol. Peut-être deux places demain, incha'Allah. Il nous dit de revenir le lendemain à 6h pour l'embarquement et que cela nous coûtera la modique somme de 120 000 FCFA (1 € = 656 FCFA).

Nous voilà donc le lendemain matin à 5h30 à l'aéroport (nous avons dormis la nuit dans un hôtel tout proche). Nous sommes les premiers à l'embarquement et tout se passe bien. Nous avons quatre places côtes à côtes et même l'heureuse surprise de ne pas avoir à payer de surtaxe (les 120 000 FCFA).

Troisième bonne nouvelle, il nous reste 2 heures à tuer.

Nous sortons donc voir le lever du soleil et Vincent décide de faire …. de faire …. des photos de l'aéroport ! Je reste sur le parvis avec les enfants qui jouent tranquillement aux petites voitures pendant que Vincent se plante au milieu du parking pour photographier.

D'un coup d'un seul, Niels a une urgente envie de faire pipi. Je relève donc la tête pour prévenir son père que je retourne à l'intérieur de l'aéroport. Plus de Vincent, il a disparu. Je regarde partout et je vois un toubab dans la cabine de change qui me fait des grands signes de croix avec ses bras. Je fronce les sourcils et je vois un militaire devant lui. Ca m'agace ! Niels, j'ai bien compris que tu as envie de faire pipi, on y va.

De retour des toilettes, j'explique aux garçons que ça ne sent pas bon. Pas les WC, non, mais la situation de papa. ETTTT POURQUOOIIIIIII ? J'en sais rien, soyez bien sages, ne dites rien, laissez faire papa et maman.

Arrivée devant le militaire et Vincent, je m'entends dire qu'il va partir à la brigade. L'AVION EST DANS 30 MN !!!!!! On m'explique très simplement qu'il est interdit de photographier l'aéroport. Avec toute ma fraicheur, je réponds "ben y'a qu'a supprimer la photo". Pas possible, le crime a été commis.

Je sors ma deuxième arme. Essaye de discuter avec un peu de charme, de gentillesse, de patience et de sourires.

On me répond que soit on emmène Vincent à la brigade (à 2 km), soit il faut payer l'amende. Alors, naïvement, je demande combien coûte l'amande. Le militaire me répond "Mais comment …. vous essayez de me corrompre là ?!".

Alors, voici ma troisième arme qui devrait être fatale, sinon je capitule : je fais trembler mon menton, briller mes yeux, vibrer ma voix … je fais mine de pleurer, de m'apitoyer sur le sort de mes enfants ! Je comprends là l'utilité de mon loisirs favoris, le théâtre. Je connais finalement le prix de l'amende : 20 000 FCFA. Vincent a râlé que c'était trop cher. J'ai froncé les yeux d'un air de dire "T'en a assez fait pour aujourd'hui". J'ai sorti mon porte monnaie qui est si bien rangé qu'il n'y avait qu'un billet de 5 000 FCFA. Notre honnête et incorruptible militaire l'a pris et nous a laissé partir.

VOICI LA PHOTO A 5000 FCFA

Aeroport International Leopold Sedar Senghor - Dakar Senegal - Ecole autour du monde

N'oubliez pas, notre module de dons en ligne : nous n'avions pas prévu de ligne budgétaire du voyage pour les bakchichs !

Attention, au moment où nous partions, il a juré sur Dieu que si quelqu'un recommençait ça, il le paierait très cher !!!!

 

Retrouvez plus de photographies de notre voyage au Bénin sur le site du photographe Vincent Meyer

3 pensées sur “Premier bakchich de notre tour du monde des écoles

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    29 mai 2011 à 10 h 49 min
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    Que d'aventure ! je ferai un don quand notre ordinateur ne buguera plus. Pour l'instant il m'insécurise.
    Hier, au cours de la répèt de la journée, Denis a dit à Camille il faudrait que tu pleures mais c'est compliqué ! et j'ai pensé : Chrystelle, elle, sait le faire ! Je pense souvent à toi.
    Agnès a des problèmes de santé et le "vieux noyau" se solidarise autour d'elle. Je suis certaine que tu en serais….
    Vous n'êtes pas passer à Bamako donc ?
    Je t'embrasse fort. Ma promesse de don n'est pas parole en l'air.

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    29 mai 2011 à 13 h 17 min
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    Joyeux anniversaire Niels, grand papy et mamie ne t'ont pas oublié mais ils se sont trompé sur la date de ton anniversaire.  Nous te faisons de gros bisous et nous ne t'oublions pas. Continuez à vivre  de belles aventures et mais attention ne prenez tout de même pas trop de risques, cela pourrait mettre votre voyage en danger. Nous avons de vos nouvelles plus détailléespar ta maman Chrystelle. Gros bisous à vous tous nous vous suivons par la pensée Papy Dédé Mamie Simone

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    31 mai 2011 à 12 h 22 min
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    Elisabeth,
    Je te remercie beaucoup pour ton commentaire, il m'a fait très plaisir et je suis ravie d'avoir de tes nouvelles et des nouvelles du théâtre. J'espère qu'Agnes se remettra de ses soucis de santé. Je compte sur toi pour lui faire des bises de ma part et lui dire que je pense à elle. J'imagine que vous êtes maintenant dans la dernière ligne droite au théâtre et que vous êtes dans cette fatigue grisante des derniers instants.
    Pour Bamako, nous y avons simplement fait escale entre le Sénégal et le Bénin, nous ne nous y sommes pas arrêtés effectivement.
    Je t'embrasse.
    Mamie,
    Niels est content que vous ayez pensé à son anniversaire, il me dit : "c'est quand même gentil d'y avoir pensé". Il vous fait aussi de gros bisous. Nous essayons de rester le plus souvent possible en contact avec nos parents et nous comptons bien qu'ils transmettent les informations au reste de la famille. Je demande aussi à maman de vos nouvelles.
    Pour le bakchich, nous ne prenons pas trop de risque. Nous savons qu'il y a des personnes corrompues dans certains pays et dans la réalité, au Sénégal nous ne craignions rien. Après coup, nous nous sommes même dit que nous n'aurions pas du payer mais appeler le chef d'escale (dont nous avions le numéro de téléphone) car le militaire en question n'aurait pas pu faire retarder un avion entier pour une personne qui avait pris une photo de l'aéroport.
    Nous vous faisons de gros bisous.

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