Et l’intime dans tout ça ?

Notre projet de tour du monde des écoles a pour finalité de rencontrer le gens du monde, les enfants notamment et leur construction. Il vise à entrer dans l'intimité de la classe et la partager dans ce qu'elle a de plus noble et sincère.

Notre blog aujourd'hui est un espace sur lequel nous avons partagé nos préparatifs, nos avancées, nos contacts, nos soutiens, tout ce qui fait la construction de notre projet au quotidien dans une communication que je qualifierais de conventionnelle. Cela n'a rien de péjoratif que l'on ne se méprenne pas, c'est simplement la communication telle qu'elle se fait ici, maintenant.

Je souhaiterais partager avec vous ce qui m'habite en ce moment. S'il ne s'agit pas de doutes ni d'inquiétudes, il reste que parfois les choses ne se passent pas comme on l'avait imaginé. Il faut se résoudre à laisser la vie décider, ne pas choisir son destin. C'est ainsi. Et c'est très différent de ce que je peux faire d'ordinaire.

Aujourd'hui, nous préparons ce beau voyage, mais aujourd'hui encore je travaille.

Et le rythme s'accélère…

Et les choses parfois m'échappent comme si je devais être plusieurs, un peu partout à la fois. Au travail, je passe les relais depuis un mois, il est décidé hier que je sois observatrice de la situation que "ma remplaçante" doit s'approprier le poste pour l'amener à être autonome et pouvoir voguer sans filet à mon départ. Alors les choses, je les sais, je les ai en conscience mais ne peux les faire. Mine de rien, ce rôle est malgré tout important, ce rôle de dernier filet de sécurité celui qui permettra à Camille d'agir sereinement, en confiance à mon départ.

A la maison, pour le projet, je n'y suis que peu de temps. Juste celui des quelques heures nocturnes que je prends sur mon sommeil pour être au fait. Partager les avancées, prendre les décisions de choses que je connais mais que je n'ai pas "traitées" qui s'éloignent parfois de ma conscience. Et lorsque je dois agir, comme ce soir, lors du vernissage et prendre la parole, en public pour expliquer ce projet. J'en perds mes moyens réalisant qu'il ne faudrait pas que ce projet m'échappe. Que je puisse porter l'attention nécessaire à sa préparation pour le vivre pleinement.

Et le rythme s'accélère… avec son lot de tiraillements

Il n'est pas facile de se sentir partir d'un emploi que l'on aime tant, même s'il s'agit là d'une courte durée à l'échelle de l'humanité, à l'échelle même d'une simple vie qu'est la mienne. Se sentir partir de cet emploi et ne pas être encore totalement dans ce nouveau projet. Cet entre deux qui fait le tiraillement. Cette entre deux qui fait qu'on ressent bien que le départ va être difficile et peut être moins pour moi que pour ceux qui resteront car je sais que dès mon départ, je serais hapée par ce projet qui m'attend et que j'attends avec impatience.

Peut être n'est-ce qu'une question de départ…

Kiss - Ecole autour du mondeLes départs sont souvent difficiles à supporter. Dans mon cas, ce n'est probablement pas le départ le plus destabilisant mais cette sensation que le retour ne se fera peut être pas comme je l'avais prévu. Que le retour ne m'appartient pas encore. Que je ne pourrais pas écrire, décider ce retour. J'ai l'impression d'avoir remis ma vie aux mains de la Vie. Cette Vie qui me fera découvrir d'autres horizons, une autre Chrystelle ou cette même Chrystelle qui ne se connaît pas forcément très bien car elle ne s'écoute pas assez ou pas comme il le faudrait.

Le départ c'est laisser ces gens que l'on apprécie et que l'on reverra et ceux que l'on ne reverra peut être pas parce que la roue tourne, parce que chacun à ses projets. Et ceux que l'on reverra ? Eh bien, il se peut qu'ils aient eux aussi changés, il se peut qu'on ne les découvre qu'au retour tels qu'ils seront et telle que je serais. Il se peut que seul un changement d'environnement pourrait permettre la création ou le maintien d'un lien fort qui pourrait m'unir à eux.

Alors on se raccroche à cette idée que la Vie est bien faite que tous ces liens se construiront, se re-construiront tel que s'est écrit. Qu'il ne faut pas provoquer l'avenir. Parce que l'avenir qui appartient à ceux qui se lèvent tôt m'empêche peut être aujourd'hui de rencontrer vraiment ceux qui se lèvent tard et qui ont aussi un avenir : le chemin que la Lune leur trace parce qu'ils se couchent tard.

Je ne suis pas encore partie, il ne s'agit pas là d'un article d'"au revoir". Il s'agit là simplement des sentiments qui me traversent en ce moment et qui dépassent les craintes matérielles de la location de la maison ou de la vente d'un piano.

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