Asuncion, capitale du Paraguay ou une visite inattendue…

Nous sommes le 17 juillet et nous avons quitté Buenos Aires hier à 17h. Aujourd’hui, il est 13h et nous arrivons à Asuncion, capitale du Paraguay, ville dans laquelle nous n’avions pas projeté d’aller. C’est suite à une erreur de réservation de bus avec la ville d’Encarnacion que nous nous retrouvons ici.

Adan quitte Buenos Aires - Ecole autour du monde

Il pleut des cordes. Un orage phénoménal s’abat sur Asuncion et nous cherchons un hôtel comme de pauvres chiens esseulés dans des rues complètement désertes.

Bus au poste frontiere

Enfin non, pour être plus précis, nous ne sommes pas complètement seuls sur cette place d’Uruguaya où l’on nous a dit que nous trouverions beaucoup d’hôtels. Il y a les indigènes qui sont là, sous leurs bâches plastiques leur servant de tentes. Beaucoup d’entre eux ont ramené leur matelas en mousse sous le porche des immeubles pour se protéger davantage. Il faut dire que les évacuations d’eau ne sont pas optimales à Asuncion et l’eau, qui charrie les déchets de la ville, nous arrive aux chevilles.

Place d'Uruguay occupee par des indiens qui defendent leurs terres (Paraguay Asuncion)

Photo prise quelques jours plus tard, quand nous arrivons il pleut et nous ne voyons que des bâches en plastique

Avec la fatigue, cet environnement nous semble bien austère et l’hotel que nous avions repéré dans le Lonely ne se montre pas (il a fermé entre temps, nous le comprendrons plus tard). Nous finissons par capituler et entrer dans le seul hôtel que nous arrivons à repérer qui est signalé comme 3 étoiles. Cela renforce le sentiment de vivre un moment glauque. Comment pouvons-nous nous payer le luxe d’un 3 étoiles avec une fenêtre donnant sur ces gens restés sous les trombes d’eau ?

Nous les laissons sous cette pluie tropicale et nous enfermons dans notre chambre qui sent le renfermé et la poussière avec ses murs décrépis. Les hommes font leur petite vie, vont chercher de quoi manger (hamburger) au restaurant de l’hôtel. Chrystelle s’endort, peut-être pour oublier où elle se trouve, à moins que ce ne soit la fatigue d’une nuit quasi-blanche passée dans ce bus.

Vers 18h, des hurlements, des klaxonnes dans les rues réveillent Chrystelle. L’euphorie, la pluie a cessé mais surtout, le Paraguay vient de gagner le match de foot contre le Vénézuela aux tirs aux buts les qualifiant ainsi pour la demi-finale de la coupe d’Amérique Latine. Une heure après toujours autant de liesse (musique à fond à l’arrière des voitures, chants, klaxonnes, sifflet, sorte de vuvuzuela, girophares…), nous décidons d’aller voir cela de plus prêt et de partager nos premiers moments avec les paraguayens. Nous rejoignons ainsi de nuit la place de los Heroes et participons à la fête.

Les jours suivants, le temps va s’améliorer progressivement pour finir par un beau ciel bleu les deux derniers jours. Nous en profitons pour visiter plus longuement la ville.

Un air de nostalgie plane dans cette ville, un peu comme dans les pays de l’Europe de l’Est. Une partie de la ville est restée dans le passé. En témoigne ces immeubles en béton abandonnés en plein centre historique au pied d’anciennes maisons coloniales, ces personnes qui errent dans les rues à attendre on ne sait quoi comme ces vendeuses sans clients dans des magasins luxueux, ces bus monumentaux datant d’une autre époque et qui arrivent à bout de souffle, l’impeccable place des héros à la mémoire d’un dictateur …

Asuncion Paraguay

Et au milieu de toute cela, quelques Mercedes rutilantes toutes fenêtres fermées, de belles maisons cernées de barbelés, des indiens qui squattent un parc depuis deux ans, des bidons villes où l’on ne circule pas, des magasins qui vendent du Calvin Klein et d’autres belles marques, comme si la fin de la dictature n’avait pas profité à tous de la même manière.

Centre commercial a Asuncion (Paraguay)

Et toujours à portée de vue, deux "policiers" présents qui nous « protègent » ou qui nous « surveille », nous ne le saurons pas. Ils sont toujours agréables et courtois à notre égard. Venant même aux devants dès que nous avons l’air un peu perdu ou que nous cherchons quelque chose. Nous nous sentons en sécurité. Nous sentirions-nous moins en sécurité sans leur présence ? Les gens ont l’air tellement paisible et gentil.

Malgré tout, lorsque le soleil brille, la ville est agréable et colorée. Les murs aux couleurs vives sont décorés de drapeaux aux couleurs du Paraguay à l’occasion du bicentenaire de sa libération. Les places sont belles et verdoyantes. Les bâtiments publics sont propres et bien entretenus. Le large fleuve Rio Paraguay est magnifique, tout comme ses rives aménagées. Même les squatteurs indiens semblent rentrer dans le décor d’une pièce de théâtre mille fois répétée.

Rue d'Asencion (Paraguay) - Ecole autour du monde

Vent de liberté et de créativité qui souffle dans cette ville, nous passons une soirée fort agréable dans un café littéraire. Nous mangeons au milieu des livres et de l’ambiance culturelle de ce café bondé. Une conteuse vient animer la soirée avec ses contes en espagnol que Chrystelle ne comprend que trop peu et Vincent pas du tout. Mais qui raisonnent en nous comme un air de poésie et de joie de vivre. Il y a un parfum d’amour dans l’air à en oublier les enfants le nez dans leurs BD espagnoles.

Niels dans un cafe literraire - Asuncion Paraguay - Ecole autour du monde

Nous finissons par quitter Asuncion, direction le Brésil et les chutes d’Iguacu. A découvrir dans notre prochain article.

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Notre tour du monde en famille  continue…

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